Pourquoi les Pink Floyd ont-ils marqué un tournant dans l’histoire de la musique?
- Julia Quiroz
- 18 juin
- 7 min de lecture
Bonjour! Aujourd’hui je vais vous parler des Pink Floyd et de comment ils ont marqué un tournant dans l’histoire de la musique.

D’abord je vais donc vous parler du groupe, dont on a surement tous déjà entendu parlé, et de ces débuts.
Leur histoire commence en Angleterre. En 1964, alors que Roger Waters, David Gilmour et Syd Barrett, ainsi que de nombreux futurs complices du groupe (tel que le fondateur de hipgnosis, le designer qui est à l'origine de la plupart des pochettes de leurs albums), sont tous réunis à Cambridge, à la Regent Street Polytechnic de Londres, des étudiants d’architecture forment un groupe de musique. Il s’agit de Roger Waters a la basse, Richard Wright au clavier, Nick Mason a la batterie avec Bob Klose a la guitare et Chris Dennis au chant. Ils jouent du rythm and blues, ils n’ont pas tous des réelles compétences musicales. Bob Klose quittera le groupe pour se focaliser sur ses études. Puis, le guitariste Roger Keith Barret, connu sous le nom de Syd Barrett rejoint le groupe, alors qu’ils se séparent de leur chanteur.
On est donc en plein dans les années 1960, période où le rock élargit ses frontières.
Progressivement, il cherche à enrichir son énergie fondamentale avec une dimension plus savante, au delà du grand talent qu’exprimer déjà ses héritiers du blues (BB King qui jouaient notamment The Thrill Is Gone est un musicien de blues dont la façon de jouer la guitare a marqué les musiciens du rock, Elvis Presley, appelé le roi du rock and roll a marqué un tournant entre le blues et le rock, avec le rock and roll). C’est d’ailleurs 2 bluesman qui donne le nom de Pink Floyd, c’est Syd Barrett qui aurait eu l’idée de fusionner le nom de Pink Anderson et celui de Floyd Council pour donner à la formation le nom qui aujourd’hui reste imprégné dans l’histoire de la musique. Les musiciens de rock cherchent donc à développer l’écriture et la maîtrise de la musique, en s'appropriant aussi de formes plus complexes, avec des morceaux plus longs et de nouvelles expérimentations. Ils puisent notamment dans la musique classique ou encore concrète…
(Pierre Boulez, Berlioz, Ron Geesin>Poème électronique de Varèse).
À la fin des années 60 et au cours des années 70, c’est donc la période du rock progressif, expérimental, une recherche musicale cherche à amener le rock qui était jusque là fondé sur des bases simples et structurés, vers de nouvelles contrées, plus développées.
Parmi ces expérimentations, celles menées par Pink Floyd vont marqué autant les musiciens que les auditeurs jusqu'à aujourd'hui.
En 1967, ils sortiront leur premier album, The Piper at the Gates of Dawn, ou l’on voit déjà apparaître des traits de ce qu’on appelle le rock psychédélique, associé à la consommations des drogues psychédéliques. Avec l’usage du bruit ou encore l’usage bruitiste de la voix, notamment dans Pow R Toc H, où l’on entend les chuchotements et les cris de Roger Waters. Cette même année, Syd Barrett, le leader du groupe à l'époque, s’absente parfois sur scène pendant les concerts, ce qui est surement lié a l’usage de psychédéliques, le groupe décide alors de faire appel à un ami de Cambridge, David Gilmour qui substituera parfois Syd Barrett à la guitare. Finalement, en 1968, c’est le départ de Syd Barrett et l'entrée définitive de Gilmour qui occupera donc la position de leader sur leurs prochaines œuvres. On l’entend déjà sur leur deuxième album, A Saucerful of Secrets, auquel Barrett participe aussi. Ces deux albums connaissent déjà du succès, mais ce n’est que le début d’une dynamique entre recherche et création.
En 1969, c’est l’apparition de Ummagumma, double album où l’on entend aussi des versions live. Les concerts donnés par le groupe sont d’ailleurs tout aussi marquants, le concert devient avec ces musiciens une expérience. En 1970 par exemple, lors des représentations de The Man and The Journey, David Gilmour et Roger Waters, les deux chanteurs du groupe, assis sur scène, miment le travail de l’homme en créant avec des marteaux ordinaires, une scie et une planche des rythmiques exceptionnels. C’est du moins ce qu’on entend dire à la radio le 23 janvier 1970 (c’est Michel Lancelot qui parle en direct) lors de la performance. Ce seront aussi les premiers à se servir de l'Azimuth Coordinator lors de leur concerts (dès 1967, le premier contrôleur de panoramique pour un système de sonorisation quadriphonique), qui permettra une écoute immersive (et contrôlée) pour le public en faisant tourner le son dans la salle, commandé depuis la scène.
Dans Ummagumma, Sysyphus est conçu comme une suite de différentes sections enchaînées (comme Interstellar Overdrive). Cette composition en mouvements est caractéristique de la musique symphonique. (On distingue 4 mouvements: une sorte de moderato exposant le thème principal, un scherzo déstructuré et bruitiste, un adagio construit sur des accords tenus et une reprise finale du thème initial constituant le 4eme mouvement.) Sysyphus est une pièce signée Richard Wright, le claviériste développera cette expérimentation “symphonisante” avec le compositeur Ron Geesin qui collabore avec le groupe dès 1968, lors de la création de l’album Atom Heart Mother. Album, qui malgré la satisfaction partiel de Ron Geesin à cause de quelques limitations liées notamment au magnétophone a 8 pistes des studios d’enregistrements d’Abbey Road, représente un terrain d’exploration et une œuvre encore marquante aujourd’hui. Ils travailleront ensemble sur l’écriture orchestrale, on entend dans l’album des cuivres ou encore des choeurs, qu’on entendra aussi dans le futur magnum opus qu’est The Dark Side Of The Moon. Ils travailleront aussi sur le montage studio, Mason développera un goût pour ces manipulations, qu’il perfectionne avec le travail de Ron Geesin.
Richard Wright se sert aussi du mellotron, qu’on pourrait qualifié de premier échantillonneur, dont d’autres groupes comme les Beatles (Strawberry Fields) feront l’usage.
L’usage non conforme des instruments, l’usage particulier de la voix, les improvisations et sections bruitiste ou encore l’attachement a un héritage orhcestrale (+recyclage de sons) définissent bien l’oeuvre des Pink Floyd.
Mais ce n’est pas tout.
Le développement harmonique sur une progression d’accords “simple” assez longue sur laquelle se développent des choeurs au mellotron ainsi qu’une partie de cordes, une structure déjà représentatif dans l’ultime section de A Saucerful of Secrets, connue sur le nom de Celestial Voices, revient dans l’écriture de Richard Wright.
Meddle prend une forme nouvelle, avec des longs morceaux ou on entend davantage le côté mélodique, passant des sections bruitistes aux emportements de la guitare. Cet album de 1971 marque déjà un progrès dans le cheminement du groupe. Ils s’éloignent alors des racines du rock. Ils y reviendront davantage sur leurs prochains albums.
Ils s’affiche aussi dans le monde du cinéma expérimental français, avec More et Obscured By Clouds, composé pour les productions de Barbet Schroeder.
L’intention de leur musique est aussi un point important. Ils se servent notamment de l’humour qui n’était alors pas très apprécié parmi les adeptes du rock, une écoute attentive permet de distinguer des éléments dissimulés. Par exemple, on entend les mots “This is pretty avant-garde isn’t it?” accélérés et noyés dans de l’écho (aux alentours de 4min35s) dans Several Species (1969).
En ce qui concerne l’intention, Animals, qui nous rappelle d’ailleurs l'œuvre de l’écrivain britannique George Orwell, fait passer un message politique.
L’intégration de concepts politiques ou encore philosophiques oriente la musique vers une direction déterminée, signifiante. Parmi les concepts albums des années 1960-70, The Dark Side Of The Moon de 1973 est l’aboutissement d’un projet réussi, il semblerait qu’elle atteigne une sorte de perfection, décrite par la critique et mise en évidence par les auditeurs qui la maintiendront dans la liste des titres les plus reproduits pendant plus de dix ans au royaume unis (l’album fait partie des albums les plus vendus de tous les temps. Il fait partie du Billboard 200 pendant 914 semaines, soit plus de 17 ans.).
Un fil relie ces titres, où le son des chœurs revient, la clarté et la forme semble facilement compréhensible et pourtant encore innovatrice. On ne peut classer que difficilement cette œuvre dans les styles de musique pré-existants. C’est justement de ce fait que leur propre musique connaît déjà un progrès déterminant, qu’on oberve la façon dont leur oeuvre a marqué marquera le rock qui devient rock progressif et ne cesse de se transformer
En 1975, Wish You Were Here est un nouveau succès, adressé à Syd Barrett. Puis, en 1979, The Wall prend encore une nouvelle forme d’expérimentation et acquiert elle aussi un succès qui fera longue vie. The Wall est donc un opéra rock, un concept album qui reflette la vie de Roger Waters dans laquelle le public verra aussi une référence a la légende que représente Syd Barrett, ex leader du groupe. Le film suit le personnage de Floyd. La guitare de Gilmour et la composition de Roger Waters donnent a cette album ce que l’on surnomme le son pink floyd.
En 2014, ils enregistrent ce que David Gilmour annonce comme leur “album adieu”, il est intéressant de constater qu’il puise ses racines dans des enregistrements vieux de 20 ans. C’est le point culminant d’une longue carrière où leur musique n’a cessé d'évoluer en se détachant des bases du rock et en développant un nouveau style de musique, inspirant des musiciens tels que Tame Impala ou encore Porcupine Tree. La lignée du rock psychédélique, rock progressif ou encore rock expérimental se poursuit avec des musiciens contemporains. Notamment cet héritage se poursuit par les enfants des membres de Pink Floyd.
Ce dernier album est aussi une dédicace à Richard Wright, le claviériste qui a été au cœur de leur musique et est décédé en 2008.
D’autres albums et représentations, ainsi que leurs expérimentations en lien avec l’art visuel… place aujourd’hui les Pink Floyd au centre d’une œuvre progressif, qui tisse des liens avec de nombreuses inspirations et s’en détache en même temps en s’affirmant comme authentique. Des critiques mitigés se dispersent, mais la diversité de leur œuvre ouvre la possibilité d’écoutes et perceptions diversifiés, marquant ainsi différentes générations et chaque individu de façon particulière. Il y a d’autant plus de choses à dire de ces musiciens et de leur apport à la musique, chacun racontera leur histoire d’une manière différente. Le consensus est pourtant là, ils ont marqué un tournant dans l’histoire de la musique et plus précisément du rock britannique, aux côtés de nombreux musiciens qu’on écoute encore avec attention. Pour conclure, une réflexion intéressante qui m’est venue de ces recherches, c’est la façon dont l’évolution technique, notamment avec l’espace stéréophonique, permet d’aborder la musique et son écoute toujours sous des nouveaux angles, élargissant les possibles et les aboutissements qui en découlent.

Sur ce, bonne écoute!



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